Benoit XVI est très attendu au Liban, où il sera en visite du 14 au 16 septembre. Sur place, les chrétiens attendent beaucoup de ce déplacement officiel, et notamment des messages de soutien aux fidèles inquiétés par l'instabilité politique au Moyen-Orient. La dernière visite d'un pape dans le pays remonte à 1997.
L'avion du pape doit se poser à l'aéroport international Rafic-Hariri à Beyrouth le 14 septembre en début d'après-midi. Au cours de son voyage, il est prévu qu'il s'entretienne avec le président Michel Sleiman, mais aussi avec les représentants de la communauté musulmane. Sa visite comportera également une dimension oecuménique, de rencontre avec les représentants des Églises locales, à Bzommar et à Harissa. C'est dans cette dernière ville qu'il signera son exhortation apostolique post-synodale issue du récent synode des évêques sur le Moyen Orient tenu en 2010 au Vatican.
Certains prélats ont déjà fait parvenir leurs doléances au Souverain Pontife. Ils craignent une aggravation des violences contre les chrétiens au vu de l'instabilité politique au Moyen-Orient, en particulier en Syrie et en Irak. « Vous venez en personne, pour nous inspirer courage là où est la peur, clairvoyance là où règne la confusion », écrit le patriarche d'Antioche, Ignace Youssef III Younan, qui cite les violences dont sont toujours victimes les chrétiens d'Irak.
« La visite du PapeBenoît XVI au Liban représente une grande espérance pour ce pays, un message de paix pour la Syrie et constitue une invitation à la liberté religieuse dans tout le Proche-Orient, déclare dans une interview à l'Agence Fides le père Paul Karam, directeur national des oeuvres pontificales missionnaires au Liban. Les fidèles chrétiens de Syrie sont préoccupés parce qu'ils sont exposés à la violence et se sentent vulnérables. Ils attendent avec une grande anxiété et un grand espoir l'arrivée du Pape. L'appel en faveur de la paix en Syrie doit être également plus fort pour la communauté internationale afin que soit promu le dialogue entre les parties au conflit. La violence n'a jamais résolu les problèmes ».
L'association L'Oeuvre d'Orient a interrogé différentes personnalités ecclésiastiques représentant les chrétiens d'Orient sur les espoirs que suscite la venue du pape. Pour le père Victor Assouad, provincial des Jésuites pour le Moyen-Orient, cette visite doit surtout « adresser un message fort à l'islam », et lui rappeler « que ce n'est que face à l'altérité que tout groupe humain émerge à sa propre identité ». Ils sont plusieurs à souligner que la venue du pape ne concerne pas uniquement les chrétiens et qu'elle a une résonance politique importante dans cette zone troublée. « L'exhortation apostolique pour le Moyen-Orient, qui sera signée par sa sainteté le Pape Benoit XVI, est attendue non seulement par les chrétiens mais aussi par leurs concitoyens musulmans, selon le père Fadi Daou, prêtre maronite au Liban. Tous sont en effet attentifs à tout ce qui peut consolider la présence chrétienne au Moyen-Orient et promouvoir le rôle des chrétiens dans la phase cruciale que traversent actuellement ces pays ». Mgr Youssef Soueif, l'archevêque maronite de Chypre, fait quant à lui le lien avec le synode de la nouvelle évangélisation qui doit aussi avoir lieu en octobre : « C'est le moment de renouveler le zèle missionnaire dans nos Églises au Moyen-Orient », déclare-t-il. La venue du Souverain Pontife anticipe de peu l'« Année de la Foi », qui débutera le 11 octobre prochain, pour célébrer le cinquantième anniversaire de l'ouverture du concile Vatican II en 1962.